L'envers de la médaille
L'un des échanges d'opinions sur le billet précédent m'a poussée à réfléchir à la faculté d'adaptation de l'Homme à son environnement. J'ai répondu au commentaire de mon ami La Griff' en parlant du théorème de la grenouille -Je le rappelle au cas où : mettez une grenouille dans une casserole d'eau froide et amenez-la doucement à ébullition, la grenouille ne mouftera pas et finira par mourir ébouillantée sans vraiment s'en rendre compte. Plongez-la directement dans une casserole d'eau bouillante et elle en bondira violemment en hurlant comme une damnée (expérience adaptable à tout être vivant, mais néanmoins fortement déconseillée avec la plupart des animaux domestiques, mouhahahaha ;-) )-. Tout ça pour dire que tout changement, même très désagréable, ne provoquera pas de réaction s'il s'opère suffisamment lentement. Chaque être vivant a une phénoménale faculté d'adaptation à son entourage, tout simplement parce que c'est le B.A BA de sa survie. L'Homme n'échappe pas à cette capacité, et si dans certains cas c'est une bénédiction, dans d'autres c'est bien plutôt une malédiction
C'est une bénédiction car c'est ce qui lui permet de survivre et d'exister. Au nom de l'espèce tout d'abord, son corps et son organisme s'adaptent aux difficultés de son environnement physique : température, virus, cataclysmes etc. Au nom de son existence personnelle, sa tête s'adapte aux accidents de son environnement psychologique : échecs, malheurs, peines, drames, violences. Et c'est ce qui lui permet d'avancer, cet extraordinaire et admirable instinct de survie et d'autoprotection, cette aptitude à se régénérer l'âme et à nouveau espérer. Mais c'est aussi une malédiction car si l'on s'y prend lentement, on peut lui faire beaucoup de mal, d'ailleurs pas forcément volontairement. Car ce fabuleux instinct de survie "caméléon" qui nous pousse à nous acclimater à tout prix à notre entourage, qui nous sauve tant de fois, est aussi champion pour nous fermer les yeux sur ce qui devrait nous faire bondir, et pour nous anesthésier sur ce qui devrait nous faire fuir. Et j'en sais quelque chose : cinq années passées, il y a maintenant longtemps, dans l'absence totale du plus élémentaire bon sens ; aveugle à toute réalité, et exclusivement occupée à protéger ma survie psychologique et parfois même physique, en m'acharnant à m'adapter à une situation que je n'aurais jamais dû accepter. Persuadée que je n'avais pas le choix.
