Divins rapports humains
Dialogue dans le métro cet après-midi, après qu'une Moi : - "Je ne vous dérange pas trop au moins ? Elle : - Gniéééééé ? Moi : - Il n'y a pas quelque chose qui vous gêne, sous votre pied par exemple ? Elle : - Gniiiiiéééééééé ?? (notez la qualité et la variété de son expression orale) Moi : - Votre pied, il est posé sur le mien (là, notez mon calme et ma suave politesse) Elle, bougonnant dans son écharpe en faux lapin : - D's'lée, j'v'z'avais pas vue (Ah oui, bien sûr, je ne mesure qu'1m75 après tout, et j'avais aujourd'hui à peu près 7 cm de talons. C'est bien connu, des nanas d'1m82 ça court les rames du métro, on ne les voit même plus tellement y en a, surtout quand elles portent un grand manteau bleu électrique au milieu d'une marée de mantelures noires ou grises. Je devrais peut-être porter un heaume en plus, ou des plumes de paon, sinon je risque bien de me faire piétiner par un hamster un de ces jours
) Moi, après 2 ou 3 secondes à lutter difficilement contre l'irrépressible envie de lui perforer "involontairement" son panard à l'aide de l'un de mes délicieux et non moins bien affûtés talons aiguilles : - "Vous devriez vous acheter un chien, c'est déjà trop tard pour les lunettes. Et aller rapidement consulter quelqu'un pour votre pied parce qu'à mon avis la gangrène n'est pas loin. Elle, après 5 ou 6 secondes d'intense réflexion : - Pauvre conne" Ah ben oui, c'est moi la conne, c'est sûr
Conclusions : 1° Le métro est une pépinière de génies de la communication et du respect d'autrui. 2° Quel que soit le job que je trouverai (peut-être), j'espère qu'il sera judicieux de m'y rendre en voiture, parce que ça m'ennuierait de finir mes jours en prison
vieille pétasse dame a tranquillement posé l'un de ses pieds sur l'un des miens
et l'y a laissé. Je lève les yeux de mon livre, la regarde, elle farfouille dans son sac comme si de rien n'était.
